Peut-on remplacer le psaume?

Q. Lors des célébrations du temps de Noël, l’an dernier, l’organiste m’a dit qu’on ne pouvait remplacer le psaume par un cantique populaire. Pourtant, je dirige une chorale depuis longtemps et c’est ce que j’ai toujours fait, sans que personne me le reproche, pas même le curé. Puis-je continuer à faire de même sans me soucier du commentaire de l’organiste?

D. C.

R. Sûrement pas, puisqu’il a parfaitement raison! Mais, au-delà de cette réponse brève et tranchante (une réponse d’organiste...), il faut surtout prendre le temps de lire la Présentation générale du Missel romain, qui est très claire sur cette question et qui affirme que le psaume responsorial « fait partie intégrante de la liturgie de la Parole » (PGMR, n. 61). La pratique de remplacer le psaume par un autre chant (que l’on observe souvent aussi lors de funérailles et de mariages) est donc une entorse sérieuse aux règles liturgiques. Par ailleurs, l’Ordo est encore plus explicite, s’il est possible de l’être, que la PGMR : « Le psaume est un poème de louange destiné à être chanté; si sa forme et son contenu sont lyriques, il n’en est pas moins parole de Dieu. Aussi, on ne doit jamais le remplacer par un autre chant. » (Ordo 2016, p. 49; l’indication est même inscrite en caractères gras.)
Il faut comprendre ici que le remplacement du psaume par un autre chant, aussi beau et aussi traditionnel soit-il, prive l’assemblée d’une partie importante et fort belle de la liturgie de la Parole. On a qu’à penser ici à ce merveilleux verset du Psaume 95 de la liturgie de la Parole pour la messe de la nuit, à Noël :

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
pour gouverner le monde avec justice.

Au-delà de toute question de règles liturgiques, est-il convenable de dire à Dieu de taire son chant quand il nous dit des mots aussi beaux? Poser la question, c’est y répondre.

M. C.

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