« Christ est venu » : approprié ou non pour l'anamnèse?

Q. J’aimerais savoir si le chant Christ est venu est approprié au moment de l’anamnèse. Comme il ne s’agit pas du texte officiel que l’on trouve dans le Missel, je ne suis pas certain de la pertinence de ce chant à ce moment. J’aimerais connaître votre position sur cette question afin d’en faire part aux responsables de liturgie dans mon milieu.

R. I.

R. Effectivement, le texte du chant Christ est venu ne correspond pas au texte prescrit dans le Missel. À l’instar du Gloire à Dieu et de tous ces chants qu’on appelle parfois « l’ordinaire de la messe », il s’agit ici d’un texte officiel qui ne devrait pas être modifié. Cela est d’autant plus important qu’il s’agit en plus d’une acclamation – ce mot est important – qui est partie intégrante de la prière eucharistique.

Au-delà de cette explication par le respect d’une règle à suivre, il est intéressant de se demander pouquoi Christ est venu ne convient pas pour l’anamnèse. La raison en est relativement simple. Dans son texte, on se contente d’énoncer, à la troisième personne : « Christ est venu, Christ est né, Christ a souffert […] Christ est là. » Bref, on énumère au lieu d’acclamer, ce qui ne donne pas la même force au geste vocal posé, d’autant plus que ce chant est habituellement fait par la chorale seule alors que l’assemblée écoute passivement.

Si l’on examine les acclamations d’anamnèse publiées dans le recueil D’une même voix (p. 335 à 339), on remarque que le ton est très différent : « Nous proclamons ta mort […] nous célébrons ta résurrection […] ». Le geste posé par l’assemblée (nous) est solennel : nous proclamons, nous acclamons, nous célébrons. De plus, dans cette acclamation, l’assemblée s’adresse directement au Christ. La proclamation du mystère de la foi en est d’autant plus forte et éclatante, beaucoup plus qu’un énoncé à la troisième personne où le rôle l’assemblée se limite à écouter passivement.
 
 
M. C.