Ave Maria et célébration eucharistique

Q. Il est très fréquent que l’on entende le chant de l’Ave Maria (ou d’autres chants à la Vierge) à différents moments de la célébration eucharistique, notamment à la préparation des dons et à la communion. Qu’est-ce à dire? Y a-t-il des moments ou des temps plus appropriés que d’autres pour intégrer ce chant à la liturgie?

D.B.

R. Il faut reconnaître ici que la pratique d’insérer un Ave Maria « à l’offertoire », comme on dit, fait partie de ces habitudes qu’il est particulièrement difficile de changer. Dans son livre Célébrer la foi, sens et art de la liturgie (Médiaspaul, 2012), Louis-André Naud apporte une très intéressante réflexion sur cette pratique (aux pages 143 à 147 de son livre, dont on ne peut que recommander la lecture). Il vaut la peine de citer textuellement le passage où il nous expose les critères à considérer pour l’intégration d’un chant à Marie dans la liturgie :

« L’art de célébrer demande un bon discernement pour utiliser de façon pertinente les chants adressés à Marie dans la prière de l’Église. Ainsi, durant les célébrations dominicales habituelles, il est inconvenant d’exécuter un chant marial lors de la présentation des dons ou à la communion, parce qu’il ne s’harmonise pas avec l’action liturgique toute centrée sur le mystère du Christ et son offrande au Père. Toutefois, sa place convient bien après la communion, dans un moment d’exaltation des dons reçus, à l’exemple de Marie qui a prié son Magnificat. »

L’auteur poursuit dans la même veine, en donnant des informations similaires sur l’intégration de l’Ave Maria lors des funérailles et des mariages. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est d’éviter que ce chant en devienne à être une sorte d’action « en parallèle » à la liturgie, comme c’est le cas quand on le fait à la préparation des dons ou à la communion. Par contre, il n’y aurait pas d’inconvénient à l’intégrer après la communion, ou au moment de la signature des registres, ou encore après l’engagement (lors d’un mariage).

Un chant à Marie est évidemment parfaitement approprié lors d’une fête mariale, durant le mois de mai ou d’octobre, mais toujours en évitant de l’insérer à la préparation des dons ou à la communion. Bref, comme on pouvait le lire dans les textes conciliaires, le chant doit s’intégrer à l’action liturgique, et non pas devenir une action parallèle sans lien avec les gestes posés au moment de son exécution.

M.C.

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