Lire intégralement le titre des lectures

Q. Dans la liturgie de la Parole, on observe parfois une tendance à abréger les titres des lectures. Cela se constate dans plusieurs églises, et parfois même à l’émission Le Jour du Seigneur. À titre d’exemple, pour la première lecture du 14 février dernier (NDLR, 2016), l’introduction à la première lecture était « Du livre du Deutéronome »; pour la deuxième lecture, « De saint Paul Apôtre aux Romains ». Que penser de cette pratique?

P.D.

R. Nous avons également remarqué cette pratique dont le bien-fondé est discutable. S’il s’agit de « gagner du temps », force est de constater que quelques syllabes de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose… Plus sérieusement, on argue parfois que, l’assemblée sachant fort bien que l’on s’apprête à faire une lecture, les mots Lecture de deviennent une redondance, ce qui n’est pas tout à fait faux. Faut-il pour autant escamoter ces mots?

Dans le cadre formel de la liturgie, la pratique d’abréger le titre n’est pas à conseiller. D’ailleurs, le texte de l’introduction de la nouvelle traduction liturgique de la Bible (p. 30-31 dans l'édition en petit format) donne de judicieux conseils à propos de la lecture publique des textes bibliques. On y suggère d’annoncer ainsi le titre du livre que l’on s’apprête à lire : « Lecture du livre de la Genèse », « Lecture de la Deuxième lettre de saint Paul, apôtre, aux Corinthiens », etc. On remarquera que ces formulations correspondent à ce que l’on retrouve dans le Lectionnaire.

La parole de Dieu mérite que l’on prenne le temps de l’écouter. Notons que la Présentation générale du Lectionnaire romain (l’introduction du Lectionnaire) propose justement d’éviter toute forme de précipitation dans la liturgie de la Parole. On suggère même de prévoir, en fonction de l’assemblée présente, des moments de silence qui favorisent l’intériorisation de la Parole entendue. Dans cette optique, l’énonciation intégrale du titre n’est-elle pas un moyen de nous forcer à ralentir pour prendre le temps d’écouter la Parole? Il s’agit aussi d’un moyen simple de solenniser la lecture et d’en signifier le statut de parole de Dieu.

M.C.