Présidence de la célébration de la Passion du Seigneur

Q. Dans un contexte où des paroisses sont souvent composées de plusieurs lieux de culte, cette question me vient à l’esprit: est-ce que l’office de la Passion du Seigneur (Vendredi saint) peut être présidé par une religieuse accompagnée de laïques, lorsque le prêtre est déjà occupé à présider cette même célébration dans une autre église?

D.G.

R. Il y a plusieurs éléments dont il faut tenir compte pour répondre à cette question de la présidence de la célébration de la Passion du Seigneur le Vendredi saint par un laïc, une religieuse, voire un diacre.

1. Que dit le Missel romain? Il répond assez clairement à cette question, quand il mentionne que «le prêtre et les autres ministres sacrés, revêtus des vêtements de la messe, qui sont de couleur rouge, s’avancent vers l’autel et, après l’avoir salué, ils se prosternent ou mettent à genoux » (Indications pour la procession d’entrée, MR petit format, p. 213). La célébration de la Passion du Seigneur est un des moments du Triduum pascal qui n’est pas séparé des deux autres, soit la messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur et la Veillée pascale. Le Triduum pascal consiste en une seule célébration répartie en trois étapes pour faire mémoire de la mort et de la résurrection du Christ. C’est pourquoi il revient au pasteur de la communauté de présider ces trois célébrations. Le prêtre revêt d’ailleurs la chasuble rouge, vêtement de la messe, pour montrer le lien entre la célébration eucharistique de la veille réalisée en mémoire de la Cène du Seigneur et celle de Passion et de la Croix du Seigneur. Il distribuera le pain consacré, le Corps du Christ, pour manifester l’aspect glorieux de la Croix du Christ et la participation déjà anticipée de chacun des fidèles au mystère du Christ pascal. La présidence de cette célébration revient donc au prêtre de la communauté. Il en sera différent pour le Chemin de la croix qui est plus d’ordre dévotionnel et qu’un diacre ou un laïque peut présider.

2. Toutefois, en raison d’un contexte de manque de prêtre et en pays de mission, un diacre ou une personne laïque pourrait éventuellement présider cette célébration qui n’est pas une liturgie de la Parole comme une autre, puisqu’elle fait partie du mouvement du Triduum pascal au sens propre du mot. Peut-être serait-il plus juste alors de parler d’une Célébration de la Parole et non pas de la Célébration de la Passion du Seigneur, tout en proclamant le récit de la Passion et en utilisant les autres éléments de la grande prière de l’Église. La distribution de la communion pourrait également faire partie de l’action liturgique si elle est une pratique reconnue dans le milieu et par l’évêque du lieu. Il pourrait également y avoir un choix entre cette célébration et celle d’un Chemin de la Croix qui laisse plus de place à la créativité et qui prête moins à la confusion.

3. D’autres aspects sont à examiner : est-ce que les distances sont un obstacle à ce que tous les fidèles se réunissent dans un seul lieu, là où l’office serait présidé par le prêtre? Est-ce que l’église est assez grande pour réunir tous ces fidèles? Si la distance n’est pas trop grande et que l’église est assez vaste, pourquoi disperser les célébrations?

L.-A. N.