Chants non liturgiques aux funérailles

Q – Que penser de l’usage des chants non liturgiques lors des funérailles?

R – Pour répondre à cette question, il faut d’abord se demander ce que fait l’Église lors de la célébration des funérailles. Le rituel des funérailles (article 1, p. 8) décrit fort bien le sens et le but des funérailles chrétiennes :

On prie pour qu’ils [les défunts] passent avec le Christ de la mort à la vie, qu’ils soient purifiés dans leur âme et rejoignent au ciel tous les saints, dans l’attente de la résurrection des morts et la bienheureuse espérance de l’avènement du Christ.

Toutefois, dans l’esprit de beaucoup de personnes, ces rites sont compris essentiellement comme un hommage au défunt. De cette divergence de vues surgit souvent un malentendu sur le rôle de la musique lors des funérailles. Alors que les familles souhaiteront souvent entendre des chants non liturgiques « que le défunt aimait », dans le but d’en rappeler le souvenir (et bien souvent exacerber les émotions), les buts du chant liturgique lors des funérailles sont bien différents. Le rituel des funérailles décrit fort bien ces buts : « créer le juste climat de paix au-delà de la douleur, […] exprimer la prière de supplication et de foi pascale » (article 25, p. 12). Par ailleurs, chacun des chants intégrés à la célébration a une fonction qui lui est propre. Par exemple, le chant du dernier adieu est une invitation à l’espérance de la vie éternelle. « Sur le seuil de sa maison, notre Père t’attend. » nous dit ce chant. Remarquons aussi que c’est le seul moment de la liturgie des funérailles où le texte d’un chant s’adresse directement au défunt. Le remplacement de ce chant par une musique non liturgique viendrait en quelque sorte contredire le rite.